De retour de Valdez, Shannan me dépose à Aleyska, pour découvrir un autre coin de l’Alsaka, en l’occurrence, une des 2 stations de ski de l’état (sauf erreur).
A l’auberge, je rencontre 2 Australiens qui me proposent un run backcountry proche de la station. Je suis moyennement motivée, car vraiment très fatiguée. J’hérite aussi d’un abonnement de ski gratos pour le lendemain. Un peu plus tard, un nouvel arrivant fait irruption à l’auberge.
Il a une voiture et il nous propose à tous de nous emmener plus loin pour rider en backcountry. On discute “bon an mal an”, on se découvre des connaissances en commun. Il a fait des contests de freestyle, il y a bien longtemps et c’est retiré du milieu. Il a reprit ses études et est maintenant anthropologue pour l’état. Un personnage intéressant, comme il en existe dès que l’on sort des “sentiers battus”. Il continue à vivre sa passion, différemment mais toujours à fond. Il y passe tout son temps et tout son argent, mais librement, il écume les pentes les plus raides de l’Alaska et d’ailleurs - entre snowboard et alpinisme. Ce chercheur de poudreuse veut m’emmener découvrir une face digne de mon “Alaskan dream”…histoire de me faire goûter tout de même à ce que je suis venue chercher ici.
Le matin, je suis réveillée par les bruits du petit déj. Je dors encore un peu, puis finalement je me motive. J’aurais le temps de me reposer chez moi, on est pas tous les jours en Alsaka! Je me prépare en cinquième vitesse, puis on part sur la route! On s’arrête pour que James nous montre une première face assez fréquentée par les gens de la région. Puis une deuxième, rien qui m’emballe véritablement. On continue un peu, il veut voir autre chose, une face dont on lui a parlé. Sur la route, on aperçoit une belle montagne quelque chose qui ressemble bien plus à une face alaskienne. On sort de la route principale pour partir sur une route secondaire à la recherche du St-Graal. Un premier repérage, nous indique que le chemin sera long. Il faut aussi déterminer si c’est possible d’atteindre le haut de la face. Moi, je pense qu’il faudrait l’aborder par la crête de la montagne situé derrière, ça sera un peu plus long mais certainement plus facile. James lui voit une façon de pouvoir l’aborder par la crête principale. J’hésite un peu, je n’avais pas vraiment prévu de faire une si longue sortie (pas assez d’eau, ni assez de nourriture) et je suis assez crevée. On estime à au moins 5 heures le temps de marche. James lui est bien équipé près pour tenir un siège dans toutes les configurations. 
Nous ramenons les deux Australiens (non confiant pour ce run), sur une des premières collines vu sur le bord de la route et revenons pour nous préparer.
L’approche, pour arriver en bas de la face, dure 1h30. 
Ensuite, nous entamons la montée dans la forêt qui se révèle bien plus corsée que prévue. C’est assez raide et la neige y est profonde. C’est le seul endroit où je suis avantagée avec mes raquettes. James en split board à des difficultés à se frayer un chemin entre les arbres.
Puis, nous entamons une partie où nous ne faisons par vraiment les malins, il faut monter en plein milieu d’une partie exposée. Sur le petit dôme, qui suit, difficile d’avoir une accroche et de faire des véritables appuis pour marcher. Arrivés sur la crête principale, s’ensuit une marche au départ assez facile, mais bien vite entravée par des corniches, qu’il nous faut soit contourner soit escalader. Je dois avouer que je ne suis pas très à l’aise de devoir, par moment, emprunter la face de derrière baignée de soleil; qui présente déjà une bonne transformation. Après la dernière corniche (ici, elles reçoivent de l’air humide de la mer toute proche et elles se solidifient) qui semblait inaccessible, mais qui d’une fois dedans se révèle assez abordable, une autre se présente. Cette fois, je pense que ce n’est pas faisable. James lui pense que c’est possible, il veut en casser une partie pour que l’on puisse l’escalader. Finalement, il se rend compte que c’est pas faisable, de plus on est pas encore en haut et on ne sait pas vraiment ce qui nous attend (d’autres corniches semblent à venir), de plus, on a déjà marché bien plus que prévu.
On décide de descendre, là, je pense que cette décision est sage et est la meilleure à prendre. Un petit couloir et à prendre, on ne sait pas ce qui nous attend à sa terminaison. C’est donc avec prudence que l’on s’y engage. Pour moi, c’est la première fois que j’ai vraiment rendez-vous avec le sluff alsakien, donc je prends le temps de voir comment la neige se comporte. Puis, on débouche sur une face bordée de “spines”, que l’on a pas pu repérer. On choisi une ligne prudente, la neige est bonne. En bas de la face, on se ré-équipe pour la marche de retour et sur le chemin on aperçoit un porc-épic et quelques tanières d’ours.
Finalement, la marche aura duré 8h00, mon collègue de ride doit partir, il est attendu chez des amis pour un anniversaire et il n’est pas en avance. Il me dépose plus loin, je fais du stop pour rentrer et je fais la connaissance d’une nouvelle personne pratiquant le ski de randonnée. Elle se propose pour me ramener le lendemain à Anchorage. Je retrouve les Australiens à l’auberge. Le jour suivant, je décide de profiter de l’abonnement de ski et de découvrir le domaine skiable d’Aleyska. Dans l’après-midi, je vois une rideuse du coin (rencontrée à Valdez) qui fait partie de l’équipe de Boardercross américaine, quelques rides ensemble avant que je doive prendre la route du retour pour passer la nuit en ville, avant de rentrer chez moi.